Chapter 1 : LE GOÛT DU SUCRE ( 1 / 3 )
C'était une journée ensoleillée. Le soleil filtrait à travers les rideaux, posant sur le sol des bandes lumineuses qui dansaient comme des poussières d'or. Je venais de me réveiller 🥱, les paupières encore lourdes, les muscles engourdis par la torpeur du sommeil. Chaque geste semblait demander un effort surhumain, et pourtant il fallait que je me lève.
Moi : « Oh… non ! Il est 08 heures… je vais être en retard… ohhhhh…»
Mon père, debout dans l’encadrement de la porte, fronça les sourcils :
Mon père : « David… David ! »
Moi : « Ouiii… papa ? »
Mon père : « Tu fais quoi ? Tu vas être en retard ! »
Moi : « Oui papa, j’arrive… j’ai presque fini… »
Mon père soupira, d’un mélange d’exaspération et d’inquiétude :
Mon père : « Ne sois pas en retard à l’école, einnn… sinon je vais te chicotter ! »
Moi : « Non papa, j’ai fini… »
Ma mère passa la tête dans l’encadrement de la porte, un léger sourire aux lèvres, teinté d’affection et de malice :
Ma mère : « Tchurrrr… je suis sûre qu’il a passé toute la nuit à étudier, malgré qu’on lui a dit de dormir tôt… pour sa santé. »
Je descendis les escaliers à vive allure. Mon sac sur le dos, je sentais déjà la fatigue de la nuit accumulée sur mes épaules, mais l’excitation de la journée me poussait vers l’avant. Aujourd’hui, j’allais enfin voir ma grand-mère. Elle me manquait terriblement, et rien ne pouvait remplacer cette chaleur que je ressentais en sa présence.
Arrivé à l’école, je rencontrai mon ami Isaac Asanti. Oui, je sais, son nom de famille est étonnant, mais on fait avec.
Isaac : « Toi, pour la première fois, tu es en retard… je n’imagine pas comment le prof va te "chicotter" avec son ‘bâton céleste’… »
Moi : « À ce que je sache, je ne suis pas le seul à être en retard, hein… »
Isaac : « Ah… oui, j’avais oublié ça. »
Moi : « Tchurrrrr… ne te dépêche pas einnn… reste là. »
Isaac : « Ha, c’est bon… j’arrive… »
Nous partîmes en classe. Dieu merci, le professeur était en retard lui aussi. À croire que tout le monde avait décidé que ce matin serait placé sous le signe du retard et du désordre.
Assis à ma table, je regardais autour de moi. Les visages de mes camarades reflétaient une variété de pensées et d’émotions : fatigue, excitation, ennui… Tous semblaient pris dans le même flux du monde, mais moi, je pensais à autre chose. Je pensais à ma grand-mère, à son sourire, à sa voix douce, à la manière dont elle savait toujours quoi dire pour éclairer une journée morne.
À la récréation, je m’assis sous un grand manguier, et Isaac vint me rejoindre.
Isaac : « Alors… tu vas enfin la voir ? »
Moi : « Oui… elle me manque tellement. J’ai l’impression qu’une partie de moi reste avec elle à chaque fois que je pars. »
Isaac hocha la tête, comprenant mieux que quiconque ce que signifiait ce lien :
Isaac : « Tu sais… la plupart des gens oublient que certains liens ne meurent jamais. Ils dorment, ils se cachent, mais ils restent… »
Moi : « Oui… mais pas toujours. Certains s’éteignent dans le sommeil. »
Il y eut un silence. La chaleur du soleil, les rires des enfants au loin, le bruissement des feuilles… Tout semblait suspendu, comme si la journée retenait son souffle avant que quelque chose d’important n’arrive.
Je repensai aux conversations récentes que j’avais eues avec ma grand-mère, à ses paroles pleines de gravité et de tendresse. Elle avait cette manière de transformer une simple discussion en leçon de vie, de semer des graines de réflexion que même le temps ne pouvait effacer.
Et c’était exactement ce dont j’avais besoin aujourd’hui. Car, sans le savoir encore, ce matin allait marquer le début d’un voyage. Un voyage qui me pousserait à regarder l’homme, non pas tel qu’il se prétend, mais tel qu’il est vraiment.
Un jour, m’avait-elle dit :
« L’homme n’est plus humain… »
Ces mots résonnaient maintenant dans mon esprit comme un écho étrange, à la fois inquiétant et fascinant. Comment quelqu’un pouvait-il perdre ce qui faisait de lui un être humain ? Et surtout… pourquoi ?
Je me levai de mon banc, prêt à quitter l’école. Le cœur battant, les jambes légères malgré la fatigue, je me dirigeai vers la maison de ma grand-mère, sentant que chaque pas m’éloignait d’un monde familier et m’approchait d’un autre, plus mystérieux.








