PROLOGUE
Je ne sais plus s’il fait chaud ou si c’est moi qui brûle.
Ses mains sont posées sur mes hanches, comme si elles y avaient toujours appartenu. Son souffle effleure ma nuque, lentement, avec cette précision presque calculée. Trop précis pour être improvisé. Trop intense pour ne pas être voulu.
Je ferme les yeux, juste un instant.
Son odeur me happe. Ce mélange subtil d’encens discret et de pluie sur l’asphalte. Il ne dit rien. Il ne m’a presque rien dit depuis que je suis entrée. Pas vraiment. Mais il est là. Trop là. Chaque mouvement, chaque silence entre nous, a le poids d’un secret.
Ma respiration se cale à la sienne. Je sens la tension dans l’air. Ce n’est pas de la peur. Pas encore. C’est autre chose. Un fil tendu entre ce qu’on devrait faire et ce qu’on fait quand même.
Je murmure son prénom, mais il ne répond pas. Au lieu de ça, il recule d’un pas. J’entends un déclic métallique. Une lampe s’allume dans un coin de la pièce. Une lumière froide, clinique, éclaire soudain un mur que je n’avais pas vu.
Mon cœur rate un battement.
Je me retourne.
Et je me fige.
C’est un tableau. Un immense tableau recouvert de photos. Des dizaines. Non… des centaines. Toutes de moi.
Moi en train de rire. Moi qui sors de cours. Moi avec Inaya, en terrasse. Moi chez Lorena, un soir de fête. Moi… endormie.
Il y a une carte aussi. Une carte de la ville, constellée de petits cercles rouges. Et des traits. Des flèches. Des dates. Des annotations au marqueur noir, certaines à moitié effacées, comme si elles avaient été corrigées, retracées, révisées encore et encore.
Ma gorge se serre.
« Qu’est-ce que c’est que ça… ? »
Pas un mot.
Il est juste là. Derrière moi. Calme. Présent. Inexplicablement calme.
Je me sens nue. Éventrée. Observée depuis bien plus longtemps que je n’ose l’imaginer.
Et ce que je lis dans son regard, ce n’est pas de la honte.
C’est de la fierté.



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