PROLOGUE
— Allez Yume, essaie de te souvenir.
La psychologue tient un bloc-notes et un stylo. Elle est assise, les jambes croisées et me fixe du regard. Je ne sais plus à combien d’entretiens j’en suis avec elle, j’ai arrêté de compter au bout du troisième. Ce rendez-vous est devenu une routine, toujours à rabâcher les mêmes choses, à tenter de creuser. Creuser quoi ? Je n’en sais rien, mais je le fais.
— Qu’est-ce qu’il y avait derrière cette porte Yume ?
— Je n’en sais rien.
— Ouvre-la de nouveau.
Cette phrase me fait sursauter, elle veut que je l’ouvre ? Pourquoi le faire ? Si elle est fermée, c’est qu’il y a une raison.
— Depuis trois semaines, on n’avance pas, on reste bloquées sur cette porte. Il va falloir te décider.
À ce moment, le minuteur se met à sonner. Je soupire de soulagement en me levant, je récupère mes affaires sans m’attarder plus dans son bureau. Je n’attends pas qu’elle me donne le prochain rendez-vous que je suis déjà hors de la bâtisse.
— Si elle est fermée, elle restera fermée, dis-je en me mettant en route vers mon appartement.
Je sens mon téléphone vibrer, la psychologue n’a pas perdu de temps pour m’envoyer la date du prochain rendez-vous.
Une fois arrivée devant ma porte, je découvre un bout de papier coincé dans l’ouverture de celle-ci. Je saisis la feuille en regardant la provenance de celui-ci, mais rien n’est noté. Je le déplie, mon cœur rate un battement en lisant la phrase inscrite dessus :
Il va falloir ouvrir cette porte.








