Chapter 1
[Maxime]
Je presse le pas, je suis tellement en retard. Je regarde ma montre : elle indique presque 08 h 50. J'arrive devant l'ascenseur et appuie sur le bouton. Au même moment, mon portable sonne. Je parie que c'est Samuel. Je vérifie et bingo, c'est bien lui. Je décroche.
« Oui Sam, je sais, je suis à la bourre. M. Gonzalez ne voulait pas me lâcher », je m'empresse de lui dire.
« Bonjour à toi aussi. Ne t'inquiète pas, j'ai déjà commencé à voir certaines candidates. Pour le moment, tu n'as rien loupé. »
« Ok, je suis là dans cinq minutes », j'ajoute avant de raccrocher.
Samuel est mon bras droit, mais aussi mon meilleur ami. On se connaît depuis qu'on a cinq ans, on est comme des frères. J'ai monté ma boîte de publicité il y a environ trois ans et j'ai naturellement pensé à lui pour me seconder. De toute façon, je ne fais confiance qu'à très peu de gens, et Sam est le seul à qui je confierais ma vie… alors ma société…
J'arrive enfin à la salle de réunion. Du coin de l'œil, j'aperçois quelques-unes des candidates pour le poste de secrétaire. J'ai passé l'annonce il y a deux jours. Sam voulait s'en charger, mais comme ce sera ma secrétaire personnelle, je veux la choisir moi-même. J'attends la fin de l'entretien avant d'entrer. La jeune femme qui sort me fait un sourire enjôleur quand elle me voit. Je la regarde de haut en bas et fais la grimace.
« J'espère que tu ne l'as pas retenue », dis-je à Sam une fois qu'elle est plus loin.
« Rassure-toi, je connais tes goûts par cœur. Pour le moment, aucune ne convient. À croire qu'elles passent une audition pour un film porno… » dit-il en grimaçant.
Je m'installe à ma place et il fait entrer la suivante. C'est un défilé jusqu'à midi, et personne ne me convient vraiment. Pour le coup, Sam a raison : elles sont toutes vêtues de manière provocante et, pour certaines, on se demande vraiment si elles sont là pour le poste ou pour tirer un coup…
« Il en reste encore beaucoup ? » je demande en me massant les tempes.
« Encore deux. »
[Sarah]
J'y crois pas… Deux heures de retard. Je regarde à nouveau ma montre et prie pour passer bientôt.
« Mlle McKenzie, s'il vous plaît. »
Je me lève rapidement quand j'entends mon nom. Je défroisse mon tailleur et jette un dernier coup d'œil à la fille à côté de moi. Elle est à l'image de toutes les autres avant : grande, belle et habillée comme une… enfin, trop court et trop provocant pour moi. Je suis ici pour un entretien d'embauche, pas pour faire un strip-tease.
Je suis l'homme devant moi. Il est grand, les cheveux rasés sur les côtés et plus longs sur le dessus. Il dégage quelque chose de sympathique. Il ouvre la porte et me laisse entrer la première, puis referme derrière moi. Je m'installe sur la chaise devant la table. Un homme un peu plus grand que l'autre est assis de l'autre côté et me dévisage. Il me dit quelque chose… On dirait un mannequin : cheveux courts châtains, yeux verts et une bouche bien pleine.
« Bonjour Mlle McKenzie. Je me présente : Samuel Collins, je suis le président adjoint de la société, et voici M. Maxime Clark, le PDG. »
« Bonjour messieurs », dis-je d'une voix posée.
Bien sûr… C'est le PDG qui a été élu l'homme le plus sexy de l'année pendant deux ans de suite. Je comprends pourquoi.
« Nous avons étudié votre CV. Pour ma part, je dois dire que je suis impressionné. De plus, votre ancien employeur n'a dit que du bien de vous. Apparemment, vous lui manquez énormément. Qu'en penses-tu, Maxime ? »
Je regarde immédiatement vers l'homme à ma gauche. Il lève les yeux vers moi.
« Pourriez-vous me dire pourquoi vous avez arrêté de travailler ces deux dernières années ? » demande-t-il du tac au tac.
Je m'attendais à cette question… Je n'ai pas vraiment envie d'y répondre, mais je ne peux pas garder le silence.
« J'ai eu des soucis familiaux qui ont fait que j'ai dû m'arrêter de travailler pendant un temps. Mais maintenant, tout est réglé. »
« Et quels étaient exactement ces soucis familiaux ? » insiste-t-il.
« C'est personnel. Est-ce que je vous ai demandé pourquoi vous aviez deux heures de retard ce matin ? » je rétorque.
Il esquisse un petit sourire et note quelque chose sur la feuille devant lui. Je souffle. Je crois bien que c'est fichu. Il passe la feuille à son voisin et celui-ci opine de la tête.
« Bien, Mlle McKenzie, je crois que nous avons tout ce qu'il nous faut… » dit M. Collins.
« Pardon ? C'est tout ? J'ai attendu toute la matinée pour à peine cinq minutes d'entretien ? » je le coupe.
Je me lève, mets mon sac sur l'épaule et fixe M. Clark.
« Merci de m'avoir reçue. J'espère que vous trouverez votre secrétaire. Bonne journée, messieurs. »
Je ne leur laisse même pas le temps de dire quoi que ce soit. Je sors la tête haute et rentre chez moi.








